Camille, accompagnée par l’AFM - La Pépinière
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Camille, accompagnée par l’AFM

Camille peux-tu te présenter succinctement ?

Je suis Camille, une femme bien dans sa vie, dans son boulot, sa famille. Je vis dans le quartier Saragosse depuis 2011. Ça fait 15 ans que je vis à Pau. J’ai pas mal bougé en Aquitaine depuis mes années bordelaises. Dans cette ville, j’étais à l’accueil d’une école de musique puis dans la restauration.

Comment as-tu entamé ta vie paloise ?

Je suis venue aider ma mère et me suis arrêtée trois ans pour m’occuper de mon petit bout. J’ai été assez surprise lors de mon arrivée. J’ai été contactée par la CAF de Pau. Ils m’ont souhaité la bienvenue et m’ont orientée vers l’accompagnement des familles monoparentales de La Pépinière (AFM) en 2005. J’ai suivi la proposition. Je reste toujours autant étonnée. A Bordeaux, ce genre de dispositif est complètement anonyme. Je n’ai jamais été approchée par la ville pour m’aider. Je suis donc venue saisir l’opportunité présentée et j’ai découvert la structure. Il y a eu tout un accompagnement pour l’ouverture de places en crèche et pour apprendre à se séparer de l’enfant, être moins dans la fusion monoparentale. Les propositions de formations étaient très sympas. Pau est une ville chaleureuse, à taille humaine. Elle est beaucoup plus familiale alors qu’à Bordeaux, pour voir des amis, on peut rouler une bonne heure. Il y a un confort de vie ici que je n’avais pas là-bas.

Raconte-nous ta mobilisation à l’AFM.

J’y ai fait de très belles rencontres, ce fut une expérience fabuleuse ! On y retrouvait des femmes qui participent et s’investissent aux ateliers. On avait accès à l’ouverture de places en crèche, à la formation AFPA pour une remise en route d’une vie sociale paloise qui était à la base inexistante. J’ai fait la rencontre d’une psychomotricienne reconnue. Elle nous apprenait notamment à nous déplacer correctement pour limiter le stress de l’enfant, à adopter une position physique rassurante, à changer l’enfant avec le plus de douceur possible. Elle nous a juste rendues meilleures ! J’ai pu aussi voyager : je suis partie faire un stage sur Paris, j’ai pu me décrocher de mon petit tout en renforçant des liens différents. Je m’y suis fait des contacts. L’AFPA m’a ouvert les portes pour un boulot, mais le lien social, c’est l’AFM qui m’a permis de le construire.

Tu travailles où alors actuellement ?

Ça fait 13 ans que je travaille en CDI dans la même entreprise à Pau. J’ai des formations régulières sur Paris qui me font évoluer, plutôt lentement par rapport à ce que je voudrais, au sein de la structure. Ils voulaient absolument me garder malgré le manque de places ! J’ai persisté et depuis j’y suis, et je m’y épanouis malgré tout. Je ne suis pas inquiète c’est clair !

Tu m’as dit que tu habites au quartier Saragosse. Comment tu t’y sens ?

Sur le quartier il y a de beaux projets. J’ai un investissement aussi à ce niveau-là. C’est plutôt des bonnes nouvelles, il n’y a que du positif à venir. Je suis en effet active au Conseil Citoyen de Saragosse. On rencontre plein de gens, plein de projets sont en place. Après, c’est difficile de tout articuler : le boulot, la famille, la vie associative…Mais je reste engagée dans le quartier et motivée à le soutenir dans ses mutations.

Tu peux nous parler de certains projets ?

On envisage de faire un vide grenier sur le quartier pour que les gens puissent se rencontrer. On a déjà fait une commission commerce qu’est assez sympa. On a aussi visité les commerces du quartier pour voir ce qui allait, ce qui n’allait, leurs besoins leurs attentes et faire remonter leurs doléances auprès de le Mairie. De petites choses bougent, c’est assez cool. Ils ont proposé la mise en place de « cafés-entreprises » afin de communiquer sur ce qui va bien, ce qui ne va pas. On s’est positionnés sur le téléthon, on a participé à « Touskiflot » une course de radeaux sur le gave de Pau. On est encore dans la phase d’apprentissage des rouages de la vie associative, on se structure comme on peut. C’est toujours agréable quand un projet abouti.

Des moments forts dans la vie du Conseil Citoyen à nous narrer ?

Moi je pense au bâtiment Isabe qui va être détruit. On a organisé une réunion avec Monsieur le Maire et l’association du bâtiment. On a pu faire valoir la parole des habitants et surtout demander plus de communication sur les projets dirigés vers le quartier. Depuis, la Mairie se montre beaucoup plus pédagogue. On est dans un système protocolaire, se faire connaitre et créer des relations prend du temps. C’est difficile mais très enrichissant !

Qu’est-ce qui t’a poussé à participer à l’élaboration d’une association citoyenne ?

J’ai participé dès mon arrivée à Pau à des rassemblements citoyens. Motivée par l’AFM, je me suis très vite beaucoup engagée dans le quartier. On avait par exemple participé à la première mouture des universités populaires de parents : des rencontres entre parents afin de valoriser les compétences de chacun, hors compétences scolaires ou relatives à un poste. Des universitaires en sociologie nous ont accompagnées dans notre projet. On a bougé, on est allé sur Paris assister à des colloques et compiler au mieux les savoir-faire des différents acteurs, c’était incroyable. Toute cette expérience s’est conclue sur l’édition d’un livre : Université populaire de parents : des parents acteurs, chercheurs et citoyens. La photo sur la couverture, c’est la mienne. Ce fut une très très belle expérience. J’essaie de la partager avec notre association. On s’augmente tous une fois en collectivité.

Tu sembles avoir l’éducation à cœur, comment te positionnes-tu vis-à-vis de celle de tes enfants ?

Ma fille est passée par l’école Nandina PARK. Je suis fascinée par ce lieu, par la diversité de ce qu’on leur apprend. Ils ont ce coté structuré apporté par la musique par exemple, mais sont aussi en contact avec des primo arrivants. Ce sont des enfants qui ne connaissent pas les codes, qui ont eu des histoires assez compliquées et qui surtout ne comprennent pas la langue. Mettre ces enfants en relation direct avec ceux qui peuvent avoir accès à cette culture est une très bonne idée : il y a un échange incroyable ! Les arrivants apprennent plus vite le Français avec des enfants du même âge et ceux qui disposent déjà de ces conventions apprennent la tolérance. Mon fils, quant à lui a commencé sa scolarité à l’école Calandreta de Pau. Les méthodes pédagogiques y sont là aussi alternatives aux établissements classiques, proches des écoles Freinet et Charpak. Mes enfants me poussent à aller vers les autres. Ils se lient facilement d’amitié, c’est la preuve d’une grande ouverture d’esprit je trouve. Le plus intéressant, c’est comment tous ensemble on s’améliore mutuellement.

Camille, l’interview touche à sa fin, tu as trois livres à nous conseiller ?

J’aime beaucoup Edgard MORIN, lisez Edgard MORIN ! J’apprécie particulièrement ses réflexions sur le langage et l’éducation. J’aime aussi lire et relire Le Petit Prince de SAINT-EXUPERY. Je conseille enfin Gilbert DALGALIAN, l’auteur de Pour un Nouvel Enseignement, un bouquin qui apprend à transmettre le plaisir d’être curieux. Je suis très portée sur l’éducation de la jeunesse.

Telle une bouteille à la mer, quel serait ton conseil à donner aux jeunes générations ?

Soyez confiants, bienveillants et surtout apprenez à vous enrichir les uns les autres. L’intelligence et la dynamique collectives sont des sources intarissables d’inspiration et de de progrès.

Camille